Depuis que les tensions entre le Canada et les États-Unis ont pris une tournure sérieuse, la question revient dans tous les groupes Facebook de voyage : « On annule notre croisière depuis Miami ? » On a une opinion là-dessus. Et on va vous la donner franchement — avec, oui, un biais assumé.
D'abord, c'est quoi exactement qu'on boycotte ?
Le boycott canadien vise les produits et services américains. Mais une croisière depuis Fort Lauderdale, c'est vraiment un « service américain » ? Regardons les faits de près.
- Le navire est enregistré aux Bahamas, à Panama ou à Malte — pas aux États-Unis.
- L'équipage vient des Philippines, de l'Inde, de l'Indonésie — pas de l'Ohio.
- Les compagnies : Carnival Corporation est britannico-américaine. MSC Croisières est suisse. Royal Caribbean a son siège en Floride, mais ses actionnaires sont partout dans le monde.
- Les destinations : Nassau, Saint-Martin, la Barbade, la Jamaïque. L'argent que vous dépensez en port va à ces économies-là, pas à Washington.
Ce qui profite vraiment aux Américains
Soyons honnêtes — c'est notre style. Il y a bien des dollars qui restent sur le sol américain. Les frais portuaires à Miami ou Fort Lauderdale génèrent des revenus locaux. Les hôtels que vous prenez avant d'embarquer, les restaurants où vous mangez la veille — ça, c'est de l'argent américain. C'est réel. Mais c'est marginal comparé à l'économie totale d'une croisière de 10 000 $.
« Si les Canadiens annulent en masse, ce ne sont pas les politiciens de Washington qui écoperont. Ce sont les vendeurs de Nassau, les guides de Saint-Martin, les restaurateurs de la Barbade. »
Le paradoxe qu'on ne dit pas
Si tous les Canadiens annulent leurs croisières caribéennes depuis les ports américains, voici ce qui arrive : les économies des Caraïbes — des pays parmi les plus vulnérables au monde — perdent une part significative de leurs revenus touristiques. Les bateaux ne restent pas à quai : ils se remplissent d'Américains, de Britanniques, d'Australiens. Le port de Miami ne ferme pas. Mais le vendeur de Nassau, lui, perd ses clients canadiens.
Trump ne perdra pas le sommeil. Les économies caribéennes, elles, vont souffrir.
Notre avis (biaisé, assumé)
Si vous avez planifié une croisière depuis des mois — pour l'anniversaire de vos parents, le voyage de votre vie avec vos enfants, le voyage de noces que vous avez économisé pendant deux ans — on pense sincèrement que vous avez le droit de la garder.
Le vrai boycott qui fait mal, c'est de cesser d'acheter des marchandises américaines dans les grandes surfaces, de choisir des vacances qui ne passent pas du tout par les États-Unis, de prendre des vols sans escale américaine. C'est là que l'argent compte vraiment pour l'économie américaine. Pas dans les frais portuaires d'une croisière vers les Caraïbes.
On appuie le boycott en principe. On pense juste que cette situation-là est dans une zone grise — et que vous méritez d'avoir les faits pour décider vous-même.
Et si vous décidez de partir — ou d'explorer d'autres destinations — faites-le avec un outil qui cherche vraiment selon vos priorités, pas selon les marges des agents.